La culture du rosier débuta véritablement en France avec l'introduction de R. gallica 'Officinalis', ramené au 13ème siècle par Thibault IV de la Terre Sainte, pays de la rose de Damas, elle-même hybride naturel soupçonné de R. gallica et R. moschata.
La forme remontante de la rose de Damas, R. x damascena 'Bifera' syn. 'Quatre Saisons' est à l'origine des premiers rosiers remontants de l'Occident.
C'est à partir de 'Officinalis' ou 'Rose des Apothicaires', de ses mutations et de ses semis spontanés que débutera la culture du rosier, d'abord pour ses vertus médicinales et ensuite pour sa beauté ornementale.
D'autres 'souches' de roses pour la multiplication et obtention de nouvelles variétés furent importées au 18ème siècle de Hollande et de Belgique, dont le commerce extérieur avec l'Orient permettra d'importer de nouvelles roses botaniques d'outre-mer.
En Hollande est née au 16ème siècle, à partir de plusieurs croisements de rosiers botaniques, la R. x centifolia ou 'Rose Chou' aux cent pétales, introduit à Grasse pour la fabrication de l'essence de rose. Etant presque stérile, elle a pourtant donné naissance à de multiples mutations comme le rosier mousseux, couvert de mousse verte au niveau de ses sépales et de la tige ou le rosier à feuilles de laitue, R. x centifolia 'Bullata'.
L'obtention des roses en France et leur diffusion dans le monde entier connut le succès grâce à la passion de l'Impératrice Joséphine, qui, dans son jardin de la Malmaison, posséda une très importante collection d'espèces botaniques et variétés horticoles de rosiers.
La "belle indienne" (née aux Antilles) était née Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie. Son troisième prénom était-il prédestiné à lui faire aimer les roses ?
Elle réunit alors jusqu'à deux cent cinquante variétés, la quasi-totalité des roses connues à l'époque. Grace à elle, la France sera le pays de référence pour les roses tout au long du XIX siècle. Elle vécut sa passion en s'entourant d'éminents spécialistes dont le peintre Pierre-Joseph Redouté, qui immortalisa certains rosiers de sa collection.
Malgré l'état de guerre contre les Anglais, elle réussit à se procurer en Angleterre le rosier remontant R x paestana, plus connu sous le nom de 'Duchesse de Portland' syn. R. x portlandica, en l'honneur de la Seconde Duchesse de Portland, Lady Margaret Cavendish (1715-1785), qui le cultiva dans sa collection.
C'est à la fin du 18ème et à l'aube du 19ème siècle, que les premiers rosiéristes et obtenteurs de roses s'installèrent autour des collections de la bourgeoisie et des jardins du roi.
André Dupont (1756-1817), directeur du jardin du Luxembourg puis jardinier à la Malmaison, fut l'un des premiers jardiniers en France à produire des roses par semis. Sa collection comprenait environ 218 variétés.
Descemet débuta sa pépinière vers 1800 et fut le premier producteur de roses à grande échelle. Il abandonna ses rosiers quelques années plus tard pour émigrer en Russie où il occupa le poste de directeur botanique impérial d'Odessa.
Jean-Pierre Vibert deviendra le rosiériste le plus respecté pour son travail de croisements et de l'organisation de sa pépinière, achetée à Descemet en 1815.
Vibert s'occupa en particulier de la culture de variétés de Galliques, Mousseux, Portland et Noisette. Il effectua les premiers croisements avec les roses galliques et les rosiers de Chine. Toute nouvelle introduction de rosiers trouvés à l'étranger passa par sa pépinière. Ses pépinières ayant été ravagé par des larves de hannetons, il déménagea à Angers et céda en 1850 sa pépinière à son premier jardinier et collaborateur, Robert.
Jacques, directeur horticole du roi Louis-Philippe, sema en 1819 les premières graines envoyées par Bréon de l'île Bourbon, issus des hybridations spontanées de R. x damascena 'Bifera' et des rosiers de Chine introduits dans l'île, appelées de suite Rosiers de Bourbon.
Louis Noisette (1772-1842) lança en Europe le groupe des rosiers Noisette. Obtenus à partir de graines de 'Champney's Pink Cluster 'envoyés par son frère Philippe en Caroline du Sud, ceux-ci sont issus d'un croisement de R. moschata et 'Old Blush' effectué par son voisin américain, John Champney.
A cette époque, l'obtention de nouvelles variétés de rosiers s'effectuait en semant des graines récoltées au gré du hasard.
C'est l'anglais Bennet, éleveur du bétail converti en rosiériste, qui appliqua au 19ème siècle les lois de l'hérédité de son métier pour l'obtention des roses. Il inventa la fécondation artificielle en utilisant des géniteurs sélectionnés.
Des rosiéristes comme Hardy et Laffay, dont certaines obtentions sont encore sur le marché, se consacrèrent à partir de 1837 de plus en plus à l'obtention de rosiers remontants, appelés Hybrides Remontants, l'obtention des roses galliques non remontants étant en déclin.
En 1867, Jean-Baptiste Guillot créa avec 'La France' le premier groupe de roses modernes, appelés Hybrides de Thé, à partir des Roses Thé et des Hybrides Remontants.
La demande de rosiers français étant de plus en plus importante, la technique du greffage en écusson sur R. multiflora introduit en 1862, remplace de bouturage des Anciens.
Guillot fils obtiendra en 1875 'Pâquerette', la première variété des Polyanthas.
C'est à Lyon aussi que naîtra en 1900 dans les pépinières de Pernet-Ducher la première variété de couleur jaune orangée, 'Soleil d'Or', à partir de R. foetida, espèce botanique de couleur jaune. Il est à l'origine des Hybrides de Thé jaunes du 20ème siècle.
Le rosiériste orléanais René Barbier ramena au début du 20ème siècle d'Amérique les souches du rosier trouvé au Japon par le botaniste allemand Wichura, R. wichuraiana var. luciae. Les variétés de rosiers Lianes obtenus comme 'Albertine' ou 'Albéric Barbier' sont encore mondialement admirées par les amateurs de roses.
Gilbert Nabonnand installa sa pépinière sous le soleil de la Côte d'Azur et demeura l'obtenteur principal des Roses Thé en France. Avec un sens commercial très développé, il vendra ses rosiers auprès des riches Anglais installés le long de la Méditerranée.