Les rosiéristes angevins du 19ème et 20ème siècle
Favorisé par son climat et ses terres fertiles, l'Anjou est depuis le début du 19ème siècle une terre privilégiée pour la culture du rosier. Le savoir-faire de ses rosiéristes et de ses amateurs de roses furent réputés dans le monde entier.

L'activité horticole s'est développée grâce aux nombreux amateurs de roses sur Angers et ses environs, avares de toute nouvelle obtention à intégrer dans leur collection.

Certains entre eux commencèrent à semer des variétés pour céder leurs obtentions à des rosiéristes qui les commercialisèrent de suite. Une des premières collections angevines de roses était celle de M. de Ménage au château de Soucelles, près d'Angers, entre 1790 et 1810.

Lorsque 'le grand' Vibert, rosiériste renommé et fondateur de variétés horticoles s'installe en Anjou en 1839, Angers est connu pour ses amateurs rosiéristes et leurs obtentions. La variété 'De la Grifferaie', appelée d'après sa propriété angevine et utilisée autrefois en tant que port-greffe, témoigne encore de son attachement à l'Anjou. Son jardinier Robert racheta la pépinière en 1850 et fonda la dynastie des Moreau-Robert dont les obtentions telles 'Jacques Cartier' ou 'Comte de Chambord' sont mondialement connues des amateurs de roses anciennes.

Toute en suivant la mode de l'époque, les Moreau-Robert se spécialisèrent dans la culture des rosiers mousseux (ou moussus), dont la particularité est la fine mousse verte qui recouvre leur jolis boutons, les tiges et souvent les sépales en dessous de la fleur. Les feuilles exhalent une odeur de résine qui se mélange avec le parfum doux et sucré des fleurs.

Les premiers rosiers mousseux, qui sont apparus spontanément parmi les rosiers Centfeuilles ('Roses Chou') et Damas, ont été signalés pour la première fois en France au 17ème siècle à Carcassonne. Lemeunier, amateur de La Flèche, obtint en 1824 la première rose mousse de semis. Vers 1845 on créa des rosiers mousseux à fleurs simples et vers 1850 on obtiendra les premiers rosiers mousseux remontants mondialement connus comme par exemple 'René d'Anjou' (1853)et 'Mousseline' (1881).

Pari réussi, environ 150 variétés differentes de rosiers mousseux, dont une trentaine de rosiers mousseux remontants, que l'on classe aujourd'hui parmi les roses anciennes, ont vu le jour entre 1850 et 1890. En déclin à la fin du 19ème siècle, ils ont cédé leur place à d'autres groupes de rosiers à la mode, comme par exemple les rosiers de Chine, les Noisette et les rosiers Thé.

Des variétés comme 'De la Maître-Ecole' appelée ainsi du nom du lieu-dit angevin où se trouvaient des pépinières de rosiéristes, ainsi que 'Eugénie Guinoisseau' et 'Louis Pajotin', membres de célèbres familles du monde des obtenteurs angevins de l'époque, témoignent encore de ce passé glorieux qui se termina à l'aube du 20ème siècle.

Notre collection contient environ 50 variétés de roses angevines. Les obtentions sont dispersées dans le monde entier et nous espérons trouver encore d'autres variétés à réintégrer dans leur pays natal.

Doué-la-Fontaine, dont la production de rosiers débuta avec le soutien du baron Foullon à la fin du 18ème siècle, compte aujourd'hui plus de 60 rosiéristes sur une surface cultivée de 200 hectares. La ville a perpétué la tradition angevine de la culture du rosier et demeure la capitale française de cette production.